Cigogne… L’histoire, chapitre 1

Dessin d'une Cigogne dans les contes et légendes d'Alsace

“Contes et légendes d’Alsace”

« Marguerite, Ferdinand et Jean sont heureux de vous annoncer l’arrivée de Georges ». C’est le second passage de la cigogne à Mestry, Calvados. Nous sommes le 5 février 1902. C’est un Verseau, signe d’air… Jean, trois ans, regarde avec curiosité ce nouvel intrus, tout rose, tout chauve. La famille est aisée, elle possède un grand domaine, vit de ses fermages et, un temps, de l’élevage. La vie s’écoule tranquille. Georges est né un crayon à la main, en grandissant il se révèle être un « noircisseur » de papier qui ne cesse de « croquer » d’un appétit féroce, sa famille, le bocage normand et les animaux de la ferme. Sa scolarité laisse à désirer. Il préfère battre la campagne et participer à la chasse en compagnie de son père et de son oncle. Tel un scout indien, il sait lire dans le grand livre de la nature, nommer la faune et la flore, s’attardant sur les insectes, véritables gemmes vivantes. Les sens en éveil, il assimile des informations qu’il restituera plus tard dans ses dessins.

 

Jean et Georges  Beuville 1905 se tenant par la main

Jean et Georges Beuville

 

La Première Guerre Mondiale. Alors au lycée Malherbe de Caen, il voit son frère mobilisé partir au front. La famille s’installe à Paris. Georges suit sa vocation artistique et s’inscrit au cours Germain-Pilon. Il obtient un premier prix de modelage et un second de dessin. Nous sommes en 1918. La guerre s’achève, son frère est de retour, sain et sauf ! Beuville clôt ses études artistiques aux Arts Décoratifs. Les décors de théâtre pour le Casino de Paris et les Folies-Bergère ainsi que quelques dessins de costumes et de programmes constituent ses premiers travaux professionnels. À 20 ans, et jusqu’en 1926, il expose au salon des Humoristes, au salon d’Automne et au salon des Tuileries, d’abord quelques portraits et plus surprenant : des figurines de plâtre, représentations humoristiques des célébrités de l’époque. En même temps, il illustre des nouvelles et des feuilletons pour la presse féminine, Nos Plaisirs, Minerva, Ève. Doué d’une grande puissance de travail, au théâtre, à la sculpture et à la presse, il ajoute la réclame en entrant à l’agence Havas comme concepteur publicitaire.

Tandis qu’il s’affiche dans les rues, les éditions Minerva lui ouvrent les portes de l’édition. Après quelques ouvrages bon marché, il se frotte au livre de luxe avec deux classiques, coloriés au patron, Le bourgeois gentilhomme et La vieille fille.

 

Etudes du Bourgeois gentilhomme

J.-B. Poquelin de Molière [sic]
Éditions Kra
Collection Arlequin, n° 2
In-8°, 204 pages, broché, couverture rempliée
Couverture, têtes de chapitre et vignettes de Beuville
Coloris au pochoir par les ateliers Jacomet
Imprimé par L. Massol, Paris, 30 juin 1929
Tirage limité à 1.000 exemplaires :
a) 30 exemplaires vélin de Rives avec une aquarelle originale (1 à 30) ;
b) 970 exemplaires vélin de Rives (31 à 1.000)

 


Georges et Blanche Beuville 1925
Georges et Blanche Beuville 1925

 

Tout lui sourit, il vient de rencontrer celle qui deviendra sa femme, Blanche Daguet qu’il épouse en 1925. Ils auront deux enfants, Jean-Jacques et Anne-Marie.

Faire parts de naissance de ses enfants

 

C’est à Marie-Claire que le pilote est foudroyé. Alors qu’il livrait ses dessins, la jeune secrétaire de rédaction Janine Ribes les lui refuse. Elle n’aime pas l’allure de ses femmes… Piqué au vif et au cœur, il suit son avis et tombe amoureux de cette mince jeune fille de 14 ans sa cadette. Il divorcera de Blanche en 1943 et ne convolerons que le 15 juin 1951.

 

 

Tous les textes des chapitres “l’histoire…” sont extraits de la biographie du catalogue raisonné « Une étoile dans le ciel » de Jean Michel Blanc et François San Millan. éd. La Nouvelle @raignée – 2000 / éd. Charrette – novembre 2011.