Presse

2016

Phil and Co mai

 

 

 

2015

Figaro Histoire n°61 aout/septembre

 

 

 

2011

Festival “Quai des Bulles” Saint Malo – Exposition “Hommage à Beuville”

 

Livre “Beuville” aux Editions Charrette

 

Yann Fastier

 

La Crypte Tonique n°0 septembre/octobre

 

Papiers Nickelés n°30 – 3e trimestre

 

 

 

2009

Beuville commenté par Yves Frémion

 

 

 

 

Papiers Nickelés n°21 – 2e trimestre

 

 

 

 2007

Mémoire d’images n°15 -  Hiver


 

 

 

2001

Le Collectionneur de Bande Dessinées n° 93

 

 

 

1991

Pégase n°61 – mars 

 

 

 

1984

Lire n°105 – juin

 

 

 

Entretiens

Merci à Laurene Dauvillier pour la retranscription de ces entretiens

 

Humoriste d’aujourd’hui

« EN TROIS COUPS DE PATTE » BEUVILLE

Ne lui dites surtout pas qu’il copie Yul Brynner … Ça lui fait dresser les cheveux sur la tête !… Comme, cédant à ma curiosité professionnelle, je paraissais le dévisager avec un peu d’insistance, une lueur amusée brilla derrière ses lunettes cerclées de nylon et sa bouche s’entrouvrit avec un sourire :

G. B : Non, ne dites surtout pas que je suis coiffé à la Yul Brynner ! Dites, si vous voulez que Yul Brynner est coiffé à la Beuville…

Et avec un air très digne et pénétré : G. B : Car j’ai au moins dix ans d’antériorité sur lui !

Beuville donc, a vu le jour ( dix ans avant Yul Brynner ) en Normandie où son père était éleveur. Il a fait ses premiers essais graphiques sur le plâtre de la maison paternelle et ses premières caricatures au lycée Malherbe, de Caen. Ses parents étant venus s’installer à Paris, il lâcha les études secondaires, arrêtées à la seconde, pour entrer à l’école Germain-Pilon puis aux Arts décoratifs. Quand il en sortit, il fit, pour gagner sa vie, de la décoration, en particulier pour le Casino de Paris, du costume de théâtre à la publicité. C’est lui qui est responsable du docteur du Dentifrice Botot, de la cuisinière du Malt Kneipp et du célèbre visage en grappe de raisin des vins GRAP. Bien qu’il ait publié un certains nombre de dessins à légendes, son goût le poussa moins dans le dessin humoristique proprement dans l’illustration d’édition pour laquelle il était particulièrement doué, ce qui lui valut de parcourir le monde.

G. B : De Molière à Jacques Perret, j’ai eu ainsi l’honneur de collaborer avec les auteurs les plus illustres, en passant par Victor Hugo, qui n’est pas, dans l’outrance de son romantisme, le moins drôle de tous !

Son violon d’Ingres est un « manche à balai » : en effet, en 1934, il lui prit la « fantaisie » ( une de plus ) de se faire inscrire à Orly comme élève pilote. Quelques mois plus tard, il passait son brevet Ier degré. C’est à cette époque qu’il remplaça le point sur l’i de son nom par une étoile :

G. B : Non, ne cherchez pas de rapport : ça c’est trouvé comme ça !

Aujourd’hui il a toujours cette étoile dans sa signature : elle lui a porté chance. Et il pratique toujours assidûment les sports aériens, avion et planeur; mais il s’efforce d’introduire dans sa façon de piloter le moins de fantaisie possible.

C’est dans un journal féminin, dont elle était secrétaire de rédaction, qu’il rencontra sa femme. Elle lui refusa le premier dessin qu’il y présentait, et qui devrait illustrer une histoire d’amour. Ses femmes, lui dit-elle, n’était pas assez jolies !

G. B : Son goût s’est bien modifié depuis ! Et c’est elle maintenant que s’indigne quand quelque rédactrice en chef me dit : J’aime bien vos dessins mais n’auriez vous pas pu faire lesfemmes un peu plus jolie ?

Janine Beuville n’est pas une inconnue d’ailleurs, pour les lectrices de « Femmes d’aujourd’hui ». L’époque où elle préparait la série des « Maris d’aujourd’hui » a été pénible pour lui :

G. B : Quand je la voyais me regarder d’un certain air, j’étais certain de retrouver le lendemain quelques traits de mon caractère dans son article !

Mais il se vengea pendant qu’elle écrivait « Épouse d’aujourd’hui », en attirant son attention sur les nombreux ( ! ) travers féminins… auxquels elle n’était pas étrangère !

Les deux enfants qu’il a d’un premier mariage, Jean-Jacques et Anne-Marie, n’ont jamais montré le moindre penchant pour le dessin. Le flambeau ( en admettant que flambeau il y ait ) sera plutôt relevé par un de ses neveux qui signe ses premiers dessins Beuville… mais sans étoile.Cet humoriste est aussi un artiste peintre, mais dans un style tout différent :

G. B : Les hommes seuls prêtent à rire. Pas un pommier en fleurs, ni un passage aérien…

Et c’est sur ce trait, bien représentatif de sa forme d’humour, que Beuville me quitte…

Régis SAINT-HELLIER

 

 

 

BEUVILLE

( Source inconnue )

Comment êtes-vous devenu Dessinateur et plus particulièrement Illustrateur ?

Comment je suis devenu dessinateur ? Mais comme tout le monde, puisque tout un chacun se pique d’avoir toujours eu du goût pour le crayon et les pinceaux. Seulement, tout un chacun s’est, dit-il, heurté à l’opposition de parents incompréhensifs alors que les miens m’ont laissé faire, encore qu’il eut été préférable qu’ils me maintiennent dans leur voie, et celle de leurs ancêtres : L’élevage, en Normandie. École d’arts appliqués, arts décoratifs, Beaux Arts, quelques patrons indulgents, et j’ai d’abord fait de la sculpture. Puis costume de théâtre, décors et publicité. Puis, par une heureuse rencontre, illustration. Mon premier livre, « Le Bourgeois Gentilhomme » sans abandonner la publicité : affiches dentifrices Botot, Ripolin, Nescao, Mazda, vin GROP, Électricité de France, etc ….

Vous avez réalisé quelques bandes dessinées mais bien peu, est par manque de goûts pour ce genre, ou par le manque de propositions des éditeurs ?

Mes bandes dessinés n’étaient pas de mode à ce moment, du moins telles qu’elles sont aujourd’hui ( phylactères ). J’ai illustré pour des journaux de jeunes, quelques condensé de romans : Pickwick, Olivier Swift, Le Morne au Diable ( Eugène Sue ), mais toujours avec le texte sous l’image comme dans la forme vielle “Jeunesse Illustrée”. Plus tard, si je n’ai pas continué avec l’actuelle formule, et malgré quelques propositions, c’est que je considère que mon trait n’a pas la netteté, la concision, l’élégance des spécialités de genre.

Dans quelle mesure un illustrateur choisit-il les livres qu’il veut illustrer ?

Dans une certaine mesure, quand l’édition illustré marchait bien, un dessinateur, sans absolument choisir les livres qu’il illustrait, avait la possibilité d’orienter son éditeur vers les ouvrages qu’il souhaitait.

Il semble que le marché français de l’illustration soit en régression, pourriez-vous nous expliquer ce phénomène; et nous dire s’il vous touche particulièrement ?

Si le marché français de l’édition illustrée est en demi-sommeil, c’est à cause de certaines organisations internationales, Tchèques et Hongroises en particulier, qui fournissent aux éditeurs les typons complets du livre a réaliser : composition soigneusement corrigée, illustrations excellentes par des artistes de grand talent. Le tout à à des prix, étant donné l’amortissement facile sur un très grand nombre d’exemplaires, en plusieurs langues, à des prix défiant toutes concurrence. Et puis bien sûr, la photo. Et la télé … font la concurrence que vous savez, au livre. Je suis touché comme les autres bien sûr, d’autant plus que je n’habite pas PARIS, que je deviens paresseux avec l’âge, un peu désenchanté peut-être, et que je ‘aime pas tirer les sonnettes.

Y-a-t’il un ouvrage que vous auriez aimé illustré ( et pourquoi ) et que vous ‘avez pas réalisé ?

Il y a beaucoup d’ouvrages que j’aurais aimé illustrer, tous de la terre, de la campagne, des animaux, puisque je suis un paysan.

Quel est celui ( ou ceux ) que vous avez illustré avec le plus de plaisir, pourquoi ?

J’ai illustré avec joie, par exemple, les histoires de chasse « d’Elzear Blase », écrivain de XIXè, Pergaud et sa « Guerre des boutons », Perret et sa « Bête Mahousse ». Un peu Barbey d’Aurevilly, un peu Alphonse de Chateaubriand, mais j’aurais voulu tout faire. Un pouchkine qui m’a beaucoup plu, etc …

Vous êtes passionné d’aviation et de vol à voile en particulier, avez vous pu exprimer cette passion cette passion à travers votre venue ?

Passionné d’aviation, oui, depuis 46 ans, civile et militaire. Depuis la guerre, et mon mariage avec la très jeune femme que j’ai perdu il y a huit ans, cette passion a redoublé, comblée par le vol à voile et le vol a moteur, et multipliée par le fait que ma femme en était devenue un pratiquante, experte et acharnée. Nous avons réalisé ensemble plusieurs livres, dont un surtout « l’invitation au vol à voile » a eu un joli succès.

Vous reconnaissez-vous quelques influences d’autres dessinateurs ( et à votre tour, pensez vous en avoir influencé ) ?

Les influences que j’ai subies, ou plutôt dont j’ai été l’heureux bénéficiaire ? Le Martre de tous : Gustave Doré, Caran d’Ache, Boutet de Monvel, Marty et tant d’autres. Certains prétendent, et ils ont bien tort ! Me devoir quelque chose, comme Cabu qui est le plus grand dessinateur d’aujourd’hui ( avec Ronald Searl, le Britannique ) et dans les images duquel je ne peux honnêtement rien retrouver de mon trait incertain, haché et négligent en apparence seulement ! Car combien de croquis pour arriver à celui que je livre à l’éditeur. Il y a aussi à l’étranger, quelques beaux artistes, René Follet, Remy Dubois, Huens, et les Maîtres de la BD. HERGE, PEYO, ROBA, FRANQUIN, TIBET, MORRIS. En France, UNDERZO, bien sûr et TRUBERT.

Il y a ceux que je déteste, en France même, dire leurs noms serait trop long, et d’ailleurs, sont-ils des dessinateurs ?

A quand situez-vous le meilleur de votre carrière, quel était votre rendement en livres illustrés par an, et quel est-il aujourd’hui ?

J’ai illustré naguère jusqu’à 5 livres par ans, sans compter ma collaboration aux revues Touring Club-ICARE-Revue des voyages AIR FRANCE et à la publicité.

A quel format travaillez-vous, pourriez-vous justifiez ce choix ?

Je travaille toujours au format d’exécution, sauf pour certains ouvrages de trop petit format comme ceux du « Monde en couleurs » Éditions ODE dont j’ai été longtemps directeur artistique. Comme ma femme s’occupait de la partie littéraire du Cap Nord à l’Afrique Équatoriale, de l’Angleterre à la Grèce, Portugal, Espagne, U.S.A. Et j’ai oublié..

Que devient BEUVILLE en 1976 ( à 74 ans, si je me trompe ) ?

BEUVILLE en 1976 ? vous ne vous trompez pas, il a 74 ans. Il travaille toujours pour vivre ( retraire vieillesse 225000 francs anciens par an. ) Il regarde vers le passé avec nostalgie …